La crise économique : bête noire de l’emploi en travaux publics

Crise sans précédent, baisse de la demande, 16 000 emplois supprimés, recule sur les ventes de machine TP comme les bulldozers, une année noire, le constat est alarmant. En effet, l’année 2015 ne sera pas une année de développement pour les travaux publics, mais plutôt une période de désastre économique. Comment a-t-on pu en arriver là ? Éléments de réponse…

Avec un des marchés les plus porteurs pour le monde du TP, les collectivités locales montre une baisse significative de leur demande par l’incertitude dans laquelle se trouvent celles-ci face à la réforme territoriale, aux contours encore flous, et qui pousse à l’attentisme. Selon Bruno Cavagné, président de la fédération nationale des travaux publics : « Les collectivités ne sont pas promptes à se lancer dans des travaux dont elles ignorent si elles en auront encore la maîtrise dans quelques temps ». Face à une baisse de 12% de la demande des collectivités aux entreprises de travaux publics en 2015, les emplois sont directement impactés. Depuis le début de la crise économique de la France, 20 000 emplois ont déjà été perdus entre 2007 et 2014, période au cours de laquelle l’activité a chuté de 20%. Mais le plus inquiétant reste à venir, la décélération des grands chantiers LGV (LGV SEA et BPL notamment), le niveau planché atteint par l’intérim (10% des effectifs), et les défaillances d’entreprises du fait de la crise entraineront une baisse prévue de 16 000 emplois en 2015 avec une similitude en termes d’effectifs supprimée en 2016.

« Plus de 40% des travaux publics correspondent à des travaux routiers ou de terrassements. »

Qui plus est, les banques font grise mine et se désintéressent totalement de ce secteur quelles considèrent sans avenir. En effet, les appels d’offres se font rare, conséquence de la baisse des dotations de l’Etat. Tout comme l’agence de financement des infrastructures (Afitf), qui voit son budget amputé de 600 millions d’euros évitant de s’engager dans un plan de relance autoroutier, qui permettrait d’apporter une vraie bouffée d’oxygène aux entreprises routières et de terrassement en injectant 3,2 milliards d’euros de travaux étalés sur plusieurs années et créant ainsi 15 000 emplois.

 

Afin de sauvegarder et pérenniser le secteur des travaux publicxs, l’Etat doit lancer divers programmes (plan de relance autoroutier, projet de transports en commun en sites propres, Grand Paris…) pour relancer la machine économique, territoriale et sociale d’un secteur en souffrance. L’Europe est aussi un acteur majeur des investissements sur des projets nationaux. En outre, certaines collectivités avaient pris leurs responsabilités en lançant des plans de relance du BTP, à l’image de la Haute-Saône, de l’Eure-et-Loire, du Poitou-Charentes et de la Franche-Comté. Tout cela grâce à la volonté politique de leurs dirigeants et un niveau historiquement bas des taux d’intérêts facilitant les investissements.

 

L’objectif principal de la FRTP est d’accompagner les élus locaux dans leur réflexion de projet au sein de leur circonscription avec comme exemple, la création du « Baromètre annuel TP Durable » qui est un outil d’aide aux choix des chantiers prioritaires. On recense 400 projets locaux concernant notamment les infrastructures de mobilité, ainsi que des réseaux d’eau et d’électricité dans un état inquiétant. Tout compte fait, les enjeux principaux sont de sécuriser les infrastructures existantes, en construire de nouvelles pour développer l’attractivité des territoires, et préserver les emplois dans le secteur.